Interview du moment

Posté le 10/04/2015 à 21:20 par

C’est une histoire de moment. De vie donc. À quel moment l’on décide une décision ? Je vais vous parler d’un ami. La première chose que j’ai envie de dire à son sujet c’est qu’il est très drôle, la deuxième que c’est un homme de talent.

Romain a travaillé pour la galerie Anne Barraut (Paris) puis a décidé, à l’aube de ses 30 ans (vous vous doutez bien que ce n’est pas innocent de ma part d’écrire cela…) de devenir comédien. C’est chose faite.

Marcel et sa fontaine a pour vocation de parler d’art contemporain, je parle de mon ami Romain ici car il évolue en ce moment beaucoup dans le milieu performatif. N’étant toujours pas journaliste, ni critique, j’ai demandé à Romain, ses moments forts, importants.

  • Le Salon Jeune Création en 2010 

Romain : « C’est un évènement organisé par des artistes pour des artistes. Ils font appel à des jeunes critiques pour rédiger les textes au sujet de chaque artiste. J’ai proposé ma candidature et ça a fonctionné. Cet évènement m’a permis de rencontrer des artistes comme Jérôme Allavena qui a un travail qui m’intéresse énormément. Il reste dessinateur même s’il se déploie sur toutes les possibilités : papier / numérique / sculpture »

  • Roven, mon premier article dans cette revue sur Michel Herreria

« Premier texte critique très important. C’est une revue que j’apprécie depuis le début. Elle  est de qualité, j’ai beaucoup de respect pour le travail de Joanna Neves et Johana CarrierJ’ai rencontré Michel Herreria que je ne connaissais pas. Cela a été une belle rencontre. Cet artiste m’a ensuite invité à ses expositions notamment à Bordeaux à la galerie Eponyme pour laquelle j’ai écrit le texte de l’expo. »

  •  L’exposition chez Anne Barrault en juin 2012

« Mon premier et seul commissariat pour l’instant. L’exposition s’appelait x,y,z & t. avec des artistes plutôt jeunes, rencontré dans des foires, à l’occasion du salon jeune création ou dans les galeries. Elle se constituait de vidéo, dessin, installation et d’un ready-made 😉 Le vernissage a eu lieu mon dernier jour de travail. Cette expo marque mon départ de la galerie vers ma nouvelle vie. » Jérôme Allavena était exposé mais aussi Sandra Aubry & Sébastien Bourg, Pierre-Laurent Cassière et Chloé Dugit-Gros.

  • Ma première sur scène dans un théâtre, le Théâtre du temps.

J’ai joué un extrait de Novecento d’Alessandro Baricco. C’est un livre que j’adore, que j’ai lu plusieurs fois et qui me provoque toujours beaucoup d’émotions. Si j’ai envie de pleurer il suffit que je le lise et bingo ! Je l’ai découvert quand j’étais encore à la galerie. Quand on m’a demandé en cours de théâtre quel texte je voulais travailler, j’ai cité ce livre sans réfléchir. D’ailleurs je rêve et cherche quelqu’un qui adore ce livre et qui voudrait le/me mettre en scène. C’est un texte qui est souvent joué notamment par André Dussolier au Théâtre du Rond Point des Champs-Elysées il y a peu.

  •  Après la pluie de Sergi Belbel

« À peine arrivé dans mon école de théâtre ma prof me propose de collaborer avec les dernières années des cours non intensifs car il leur manque un rôle dans leur pièce de fin d’année Après la pluie. L’aventure était partie. Nous la jouons. Cela se passe tellement bien que nous décidons de monter une compagnie et nous jouons au Funambule Montmartre.

  • The record à la Villette et au Centre Pompidou

« C’est le dernier projet auquel j’ai participé (il y a deux semaines). Pour une compagnie américaine : 600 Highwaymen. Une grosse aventure humaine. C’était encore plus emblématique pour moi car le spectacle a eu lieu au Centre Pompidou, j’étais revenu dans la boucle, celle de l’art contemporain. »

Très différent de ce que j’ai pu voir lors de sa participation à la performance The viewers de Carole Douillard au Palais de Tokyo par exemple.

« Me retrouver dans des lieux d’art contemporain en tant que comédien est assez étrange puisque j’étais de l’autre côté il y a peu. Je fais des allers-retours. Le milieu de l’art contemporain est toujours important pour moi et fait toujours partie intégrante de ma vie. J’ai envie de créer un lien entre le théâtre et l’art contemporain. Performer me permet de créer ce lien. »

  • Le moment ou tu as décidé d’en faire ton métier ?

« C’était à la galerie. Le milieu de l’art m’a amené à voir de la performance, et déjà l’envie d’y participer était présente. Un jour je me suis levé, j’ai été à la galerie et je me suis dis bon on va essayer, sans deadline, essayer 1 an ou 2 ou plus. J’avais 28 ans, je n’ai pas de regret. »

  • Meilleur moment quand tu évoluais dans le marché de l’art ?

« Quand j’ai participé à ma première FIAC ! Je signais mon CDI à la fin de la foire. »

Je lui demande 4 mots pour décrire la FIAC (4 initiales) : » Cour Carrée / Galerie Frédéric Giroux (le grand stand qui me faisait face) / Florence Foresti, je marche et j’entends une femme parler, je reconnais sa voix, son rire, je me retourne, c’était Florence Foresti / Commissariat : le bureau, j’y allais souvent. Toi et moi on s’est rencontrés dans ce cadre là. (Moment émotion). Moment privilégié, seuls dans la FIAC à minuit, à marcher dans les allées. »

  • Le plus dur dans le théâtre

Romain : « Se faire confiance »

Marcel : « C’est dans la vie ça non ? »

Romain : « Le théâtre n’est pas la vie mais y ressemble beaucoup. »

Je pense que je n’ai pas finit de voir mon ami Romain sur scène et qu’il ne se contentera pas de faire qu’un seul commissariat. À suivre ! À suivre ! Qui sait peut être ensemble ?!

 


P A R T A G E O N S